Primaires de la gauche : Benoît Hamon arrive en tête devant Manuel Valls
Après la disparition de François Mitterrand, le pouvoir politique à gauche tournait dans la famille Hollande Ségolène (en Kikongo, kimpfumu mu kanda dia Hollande na Ségolène kiedi zungana).Kimpfumu signifie pouvoir politique. Zungana veut dire tourner ; kanda, c'est la famille. Une nouvelle donne politique s'annonce pour le parti socialiste et la gauche en général. Le pouvoir politique à gauche quitte la famille Hollande Ségolène. Benoît Hamon arrive en tête aux primaires avec 36 %, Manuel Valls ancien premier ministre de François Hollande est en seconde position avec 31 %. Arnaud Montebourg, oracle de la sixième république, est éliminé au premier tour.Il a atteind la troisième place et recommande au second tour le vote de Benoît Hamon.
Le philosophe Vincent Peillon ayant posé tardivement sa candidature aux primaires de la gauche est parvenu à la quatrième place. Il ne donne pas des consignes de vote pour le second tour.
François de Rugy membre
d'Europe Écologie Les Verts ; Il est député écologiste depuis 2007 et coprésident du groupe EELV de l'Assemblée approche la cinquième place. Il souhaite rencontrer les deux candidats arrivés en tête aux primaires avant de donner des consignes de vote.
Aucune femme socialiste n'a pu se présenter aux primaires de la gauche. La sénatrice Marie-Noëlle Lienemann , pressentie s'était retirée. Seul le parti radical a pu présenter sa candidature ; Sylvia Pinel membre du Parti radical de gauche et députée de Tarn-et-Garonne (2e circ.) entre 2007 et 2012. Après avoir été ministre déléguée puis ministre de l'Artisanat, du Commerce et du Tourisme dans les gouvernements Jean-Marc Ayrault I et II, elle est ministre du Logement et de
l’Égalité des territoires dans les gouvernements Valls I et II du 2 avril 2014 au 11 février 2016. Elle réussit la sixième place et préconise le vote de Manuel Valls.
Jean
Luc Bennahmias député européen dans le groupe des Verts au Parlement européen jusqu'en 2009. En 2007, il rejoint le Mouvement démocrate (MoDem) de François Bayrou pour en devenir vice-président. Il termine septième.
Le chemin de croix de François Hollande. Quand il fut secrétaire du parti socialiste, une erreur fut commise par le couple Hollande et Ségolène ; Sur le plan familial, Hollande et Ségolène étaient déjà séparés avant les élections de 2007. Or qui construit une famille jouit d'une légitimité naturelle pour diriger un pays. Quand Ségolène Royal fut qualifiée aux primaires de la gauche en 2006, les éléphants du parti socialiste ne l'avaient pas sérieusement soutenue pendant la campagne électorale. Un philosophe Bernard Henri Levy avait volé à son secours.Le couple Hollande Ségolène n'avait pas révélé l'information de leur séparation au peuple français. Ségolène Royal menait une campagne électorale 2007 difficile, un peu meurtrie, avec un secret à gérer dans sa conscience ; il faut donc la féliciter qu'elle soit arrivée au second tour des présidentielles. Malgré la présidence de Nicolas Sarkozy, le pouvoir politique en France et à gauche trainait encore dans la famille Hollande Ségolène. Quand François Hollande a été élu en 2012, le parti socialiste est enfin parvenu à assumer son pouvoir politique après l'échec de Lionel Jospin. Malheureusement le gouvernement socialiste n'a pas pu suivre la politique qu'il avait promise aux électeurs français. Il y a eu naissance des frondeurs socialistes à l'assemblée nationale. La majorité présidentielle fut donc divisée, les frondeurs s'opposaient à certaines propositions de lois du gouvernement. Le premier ministre en l'occurrence Manuel Valls était obligé de passer en force en usant de son droit de veto nommé 49-3. A l’Élysée la nouvelle campagne de François Hollande, Valérie Trierweiller n'avait pas ménagé son compagnon. Elle n'arrivait pas à jouer son rôle de première dame. Quand Ségolène Royal s'était présentée aux législatives de 2012 à la Rochelle dans la première circonscription de Charente Maritime, le couple présidentiel était divisé sur le soutien
politique de la candidate. Valérie Trierweiler encouragea dans un tweet Olivier Falormi opposé à Ségolène Royal. François Hollande soutenait la mère de ses enfants. C'était le premier coup porté au couple présidentiel. François Hollande fut également secoué dans sa vie présidentielle par un livre assassine, Merci pour ce moment (Les Arènes), publié par la journaliste de Paris Match Valérie Trierweiler. Celle-ci livre ses confessions d'ex-première dame de l’Élysée. Les ministres démissionnaires de François Hollande ont écrit des livres où ils règlent des comptes au Président
de la République. Dans un livre co-écrit avec la journaliste Cécile Amar, De l’intérieur. Voyage au pays de la désillusion (Fayard), l'ancienne ministre du Logement Cécile Duflot charge François Hollande. La ministre de l’écologie Delphine Batho, proche de Ségolène Royal, limogée, se venge en écrivant Insoumise (Grasset) en 2013. Le président de la république lui-même entre dans la danse en acceptant des entretiens avec des journalistes du journal Le Monde édités sous le titre, « Un Président ne devrait pas dire ça… », Éd. Stock . Si un président ne devrait pas raconter ça, puisqu'il le livre ; donc ce qu'il révèle est faux ; En quoi pouvons-nous certifier la vérité et la fausseté de ses propos ? Connaissant l'humour du Président de la République le titre de ce livre revient en quelque sorte au paradoxe du menteur, le sophisme d'Epiménide le Crétois : « Les Crétois sont des menteurs ». Si Epiménide chante vrai, comme il est Crétois, c'est que les Crétois ne sont pas des menteurs, ce que débite Epiménide est faux ; Cette proposition est contradictoire quelle que soit la manière dont elle analysée. Le président de la République avait été secoué durant son mandat par des attaques en provenance de son prédécesseur Nicolas Sarkozy. Celui-ci n'avait jamais digéré sa défaite de 2007. Et en plus, sur le plan symbolique, le jour de passation de pouvoir à lElysée, François Hollande n'avait pas raccompagné le couple présidentiel Sarkozy Carla Bruni jusqu'à sa voiture. Ce manque d'élégance du successeur à l'Elysée avait humilié son prédécesseur. Nicolas Sarkozy voulait reprendre le fauteuil présidentiel en 2017. D'habitude, les anciens présidents sont souvent discrets, tolérants vis-à-vis de leur successeur. Comme ils connaissent les moindres secrets de la magistrature suprême, ils facilitent la tâche à leur successeur afin qu'il réussisse leur mandat présidentiel. Nicolas Sarkozy n'a jamais souhaité la réussite politique de François Hollande. Jean
Luc Mélenchon, non plus, n'a jamais porté dans son cœur François Hollande. La raison est simple. Quand François Hollande accède au secrétariat du parti socialiste après l'échec de Lionel Jospin aux présidentielles de 2002, il se dispute la place avec Jean Luc Mélenchon. Celui-ci perd l'élection avec un score insignifiant. S'étant senti humilié par cette épreuve douloureuse, et n'ayant pas été réconforté par les camarades du parti, il quitta définitivement le parti socialiste. Pendant son mandat présidentiel François Hollande fut tourmenté par les militants du parti socialiste, critiqué par la droite, une campagne de dénigrement permanente dans la presse. François Hollande n'a pas pu appliquer toute la politique qu'il avait promise pendant sa campagne électorale de 2012. François Hollande ressentit au début du mois de décembre 2016 la nécessité de ne pas se présenter aux élections présidentielles de 2017. Les frondeurs de gauche, parmi eux, Arnaud Montebourg et Benoît Hamon furent comblés. Manuel Valls bien que loyal envers François Hollande profita de l'occasion pour démissionner de la primature et se présenter aux primaires de la gauche.
Qui est Benoît Hamon ? Un produit du parti socialiste comme Manuel Valls, François Hollande, Ségolène Royal ou Jean Luc Mélenchon. Il a commencé dès la base à militer en collant
des affiches, en s'affrontant aux élections locales jusqu'à devenir ministre de la France. Benoît Hamon est un militant légitime du parti socialiste. Nul ne pourra aliéner le parti socialiste.
Benoît Hamon monte en flèche au parti socialiste en 2008. Après avoir perdu les élections présidentielles en 2007, Ségolène Royal souhaite prendre la direction du parti socialiste. Une élection est organisée où Martine Aubry et Ségolène Royal se disputent la victoire. Les résultats sont flous. Martine Aubry est déclarée gagnante. Benoît Hamon obtient 22,6 % des voix lors du premier tour du vote pour le poste de premier secrétaire et arrive en 3e position, derrière Martine Aubry et Ségolène Royal. Il demande aux militants ayant voté pour lui de voter « massivement » pour Aubry au second tour. Martine Aubry vient de lui renvoyer l'ascenseur. Benoît Hamon remplace Vincent Peillon au ministère de l'éducation nationale. Il se trouve au mauvais moment pendant la fête de la Rose où Arnaud Montebourg critique avec ironie le gouvernement de Manuel Valls alors qu'il occupe un ministère régalien, le ministère de l'économie, dans ce même gouvernement. Benoît Hamon perd son poste ministériel de l'éducation nationale en solidarité avec Arnaud Montebourg. D'après certains analystes, François Hollande l'avait repêché en lui demandant de rester au gouvernement. Benoît Hamon n'avait pas pu accéder à une rentrée scolaire. Cette amertume l'a poursuivi ; et en se présentant aux primaires de la gauche et en emportant le premier tour, il est comblé, soulagé du chemin parcouru. Deux gauches vont s'affronter au second tour. Une gauche réaliste celle de Manuel Valls qui assume le bilan de François Hollande et une gauche progressiste de Benoît Hamon. Celui-ci a vécu au Sénégal au pays de la terranga, de la classe de CE2 (école primaire) au collège (classe de 5E). Il est donc pétri de valeurs humanistes africaines. Il est le candidat du renouveau du parti socialiste. Benoît Hamon propose :
- le revenu universel d'existence qui libérerait nos concitoyens de la peur de l'avenir, éradiquerait la précarité ;
- le partage du travail en organisant la baisse du temps de travail ;
- la reconnaissance du syndrome d'épuisement professionnel (burn out) comme maladie professionnelle ;
- le renforcement de l'économie sociale et solidaire ;
- une meilleure redistribution des richesses nationales pour réduire les inégalités ;
- Ecologie : interdiction des pesticides dangereux et des perturbations endocriniens ;
- etc.,un programme socialiste.
Deux candidats de gauche gênent le futur candidat du Parti Socialiste aux élections présidentielles 2017, Jean Luc Mélenchon et Emmanuel Macron. Le premier est soutenu par le parti communiste français. Ce dernier, un protégé de Jacques Attali (conseiller de François Mitterrand) fut présenté auprès du président François Hollande, pour le servir de conseiller économique. Puis avec le départ d'Arnaud Montebourg du gouvernement de Manuel Valls, il fut nommé au ministère de l'économie. Ayant fréquenté l’Élysée et goûté au pouvoir politique, il sort du gouvernement de Manuel Valls, crée un mouvement politique, « En Marche », posté ni à gauche, ni à droite, mais s'adressant directement aux Français. Mais la gauche c'est aussi le candidat Philippe Poutou du nouveau parti anticapitaliste (NPA) dont le porte parole le plus connu est le facteur Olivier Besancenot ; la gauche c'est aussi la lutte ouvrière de Nathalie Arthaud. La gauche c'est aussi le député européen écologiste Yannick Jadot, désigné pour porter les couleurs d'Europe Écologie-Les Verts à l'élection présidentielle française de 2017.
