Paris est toute une université
La ville de Paris dans sa rive gauche de la seine, dans le cinquième et sixième arrondissement est toute une université. Les étudiants en provenance de Paris et de la région parisienne, dès le matin à dix heures, se précipitent, se rangent dans une file indienne derrière le Centre culturel Georges Pompidou afin de gagner une place précieuse dans sa bibliothèque. Le centre Beaubourg ressemble à une raffinerie de pétrole. L'entrée y est gratuite, non soumise à aucune inscription quelconque. L'accès aux ouvrages est libre. La bibliothèque ferme à 22 heures du soir et reste close toute la journée de Mardi. On peut écouter de la musique à Beaubourg, y visionner un film, un documentaire; on peut s'exercer à l'apprentissage d'une langue étrangère. Le personnel est accueillant. Le public est hétérogène.
D'autres étudiants préfèrent aller travailler à la bibliothèque Sainte Geneviève sise à la place du Panthéon. Le public est en majorité estudiantin. L'accès à cette bibliothèque exige une inscription préalable sur place. Pour les rats d'études juridiques, la bibliothèque prisée est bien-sûr celle de Cujas jouxtant avec Sainte Geneviève. 
Les étudiants du Tiers-monde sortant de la Sorbonne, de Cujas, de Sainte-Geneviève aiment traîner à la librairie Tiers-Mythe située au 21 rue Cujas, pour commander un ouvrage rare ou épuisé. 
Les étudiants en philo désirant économiser leur bourse s'arrachent les ouvrages à moitié prix soldés par la galerie de la Sorbonne,une librairie située en face de la légendaire université de la Sorbonne, dans la rue des Ecoles.
En longeant la rue de Ecoles, vous vous dirigez vers le campus Jussieu, la tour en verre des sciences dures, alors que la Sorbonne s'est spécialisée en lettres et en sciences de l'homme.
Entre temps, à votre droite, vous côtoyez le Collège de France, l'université au dessus de toutes les universités de France. C'est le temple des chercheurs, ils ouvrent les chemins de connaissances à venir. Ils sont soumis à une seule loi morale, la quête de la vérité du coeur.
Au 25 bis rue des écoles, les étudiants africains aiment à farfouiller, à fouiner les rayons de la librairie Présence Africaine, temple de la Négritude à Paris.
En face du Panthéon, la Mairie du Cinquième arrondissement de Paris où s'étaient mariés Lazare Matsocota et Marceline Fila le 28 juillet 1962 en présence des aînés comme Nzalabacka (témoin du mariage) et Ganga Aubert.
L'université Paris 9 Dauphine et ses médailles mathématiques.
Le 19 août 2010, l'Union mathématique internationale (IMU) vient de décerner à Hyderabad, dans le sud de l'Inde, la médaille Fields à quatre mathématiciens. Deux Français, Cédric Villani et Ngo Bao Chau, un Israélien Elon Lindenstrauss et un Russo-Suédois Stanislav Smirnov. Cédric Villani, 36 ans est directeur de l'Institut Henri-Poincaré (IHP) à Paris, la maison française des mathématiques. Il est professeur à l'école normale supérieure de Lyon. Ses activités de recherche portent sur les équations mathématiques de la théorie cinétique. Cédric Villani est docteur de l'Université Paris-Dauphine (1998), sous la direction de Pierre-Louis Lions, lui-même lauréat de la médaille Fields en 1994.
Ngo Bao Chau d'origine vietnamienne, né à Hanoï, en 1972, naturalisé français en 2010, travaille sur le lemme fondamental pour les algèbres de Lie.
Après Mai 1968, des universités d'avant-garde furent créées par des enseignants et chercheurs marxisants en région parisienne et partout en France pour dépasser les enseignements surannés dispensés par les universités conservatrices comme La Sorbonne ou Assas : L'université Paris 8 à Vincennes, Nanterre, etc. La particularité de ces nouvelles universités, l'inscription des étudiants ne dépendait plus de la reproduction au sens de P. Bourdieu du modèle bourgeois, travail famille, mais surtout de la validation de l'expérience acquise dans la vie professionnelle. En France quel que soit son âge, on pouvait se remettre aux études. On n'attendait plus de la société, de la famille, des camarades, une nième reconnaissance sociale (Michel Onfray), une distinction honorique quelconque, mais l'on exigeait des futurs étudiants, la capacité de participer à la transformation du monde, de l'histoire de l'humanité. C'est un acquis de Mai 1968. Les prolétaires, les éléments de la classe ouvrière, du lumpenprolétariat pouvaient accéder aux études supérieures. Cela n'a rien de commun avec la formation continue, qui a toujours existé. Entre ces deux radicalités Sorbonne contre Vincennes pour caricaturer, d'autres chercheurs français soucieux de sauvegarder le rayonnement de l'université classique française creuset du cartésianisme, des droits de l'homme et de l'idéal socialiste incarné par sa classe politique gauche-droite confondue, pensèrent à la création d'une voie moyenne, reflet du principe du tiers-inclus, entre les deux opposées, c'est l'université Paris9, la Dauphine des universités françaises, située dans le 16 e arrondissement de Paris, dans les vieux bâtiments du siège de l'OTAN. Sa force, c'est le lien pédagogique opéré dans l'enseignement de l'économie politique, de la gestion, des finances, des mathématiques et de l'informatique, pour former un homme de décision capable d'organiser la matière ; ainsi que l'accueil chaleureux dès sa création des étudiants étrangers.
L'Université Paris-Dauphine est une université singulière en France. Jacques Attali, le conseiller du Président François Mitterand y a enseigné, s'opposant sans cesse à Alain Cotta defenseur du mode de production capitaliste. La première secrétaire du parti socialiste français, Martine Aubry, son papa Jacques Delors y enseigna la gestion dans la décennie 1970. Les chercheurs de Paris-Dauphine viennent d'offrir à la France en moins d'une décennie deux mathématiciens médailles Fields, Cédric Villani et Pierre Louis Lions, et une médaille Gauss pour les mathématiques aplliquées, Yves Meyer, professeur à Paris-Dauphine entre 1985 et 1995, spécialiste de la théorie des ondelettes. Il y a un je ne sais quoi jankélevitchéen dans cette université !





