cinéma

Nadège Batou, cinéaste congolaise sera présente à la Maison de l'Afrique (7 rue des Carmes, Paris 5e) le 31 janvier 2015 pour présenter son court métrage Ku M'kelo (à l'eau de source).

Nous avons tous connu à Brazzaville jusqu'aux années 1980, des salles de projection cinématographique dans les quartiers populaires de Brazzaville. VOX à MOUNGALI, ABC aux Plateaux des quinze ans, Lux et STAR à Poto-Poto, VOG au Centre-Ville, RIO au Marché Total de Bacongo. Je vous renvoie à notre article, Transition de phase de Ya Nsende

Transition de phase de Ya Nsende - Le Deuil des Chauves-Souris

Nous venons de perdre à Brazzaville (République populaire du Congo), le bien-aimé neveu de notre père, Biniakounou Georges, plus connu sous le nom de Ya Nsende ou du surnom Rovain. Né à Koumbi (Boko) le 30 janvier 1945, Ya Nsende était le troisième enfant d'une phratrie de six enfants issus de Tata Biniakounou et de Tata Nkasa, la soeur de mon père Nzunza Wa Nzuza Nsi Bayimunu.

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pour vous rendre compte du désir cinématographique des Congolais. Aller au cinéma fut pour un congolais un moment de loisir, de culture après une dure semaine de travail à l'école ou dans une entreprise. Les séances de cinéma se déroulaient en deux temps, matinée pour les moins de 18 ans et la soirée pour les adultes. Depuis l'arrivée des églises chrétiennes dites de réveil, ces salles sont inondées de cultes de prière. La religion a chassé le cinéma. Comme si le cinéma fut incompatible avec la religion, alors que la Bible fut portée depuis fort longtemps sur grand écran. Le ministre de la Culture au Congo n'a rien fait pour sauver le cinéma ; pourtant le cinéma par sa capacité d'éduquer en peu de frais une masse de populations à travers l'image projetée s'oppose à la médiocrité, à l'ignorance et  aux anti-valeurs. Devant la perte des salles de cinéma à Brazzaville, une jeune cinéaste congolaise, Nadège Batou, se bat avec ses collègues Mue Puati Luemba et d'autres, pour réhabiliter le cinéma congolais et redonner le goût du cinéma aux Congolais. Un véritable programme politique sans s'engager en politique. Un militantisme cinématographique tout simplement dans la lignée des Melvin Van Peebles, Spike Lee...Elle a osé. Jusqu'en 2009, elle organise le cinéma en plein air dans sept quartiers de Brazzaville, Talangaï, Ouenze, Moungali, Potopoto, Bacongo, Makelekele, Mfilou sans l'aide des pouvoirs publics. Voir l'affiche sur ce site Cinéma itinérant des 7 quartiers à Brazzaville.

Cinéma itinérant des 7 quartiers à Brazzaville - Le Deuil des Chauves-Souris

Du 09 au 15 décembre 2009 Nadège BATOU en Partenariat avec le Centre Culturel Français de Brazzaville (CCF) vous présentent l e programme des films et les sites retenus et dans les différents arrondissements : Films retenus pour le cinéma itinérant des 7quartiers Du 09 au 15 décembre 2009 Makélékélé

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Succès énorme ! La population brazzavilloise des quartiers populaires découvre le cinéma de grand écran. Faute de moyens l'expérience n'a pas pu se poursuivre. Elle réalise à Brazzaville deux courts métrages retentissants, Ndako ya bandeko, le combat de Rod  (avec Alain Nkodia) et Ku M'Kelo (à l'eau de source). Le premier film fut d'abord un reportage sur des enfants sans domicile fixe vivant dans la rue. Elle fut influencée dans ce film par une émission télévisée « L’autre regard », qu'elle animait et qui portait sur la vie des personnes vulnérables dans la société congolaise : handicapés physiques et mentaux, Orphelins….Le second film traite de la pénurie d’eau potable au Congo. La bourgeoisie congolaise consomme de l'eau minérale souvent importée. L'eau de robinet ne coule plus dans les foyers populaires  congolais. La compagnie d'eau urbaine continue d'expédier des factures d'eau à des clients assoiffés, haletants,  nécessiteux. La population se tourne vers les rivières pour y puiser une eau polluée de rejets domestiques, de phosphore (lessive), de matières organiques, d'hydrocarbures, de rejets agricoles. La santé publique est menacée. Les opposants politiques congolais ne plaident pas les souffrances des populations. Cette charge est laissée à une cinéaste !!! Elle prend le courage d'en parler au cinéma et d'inviter le public brazzavillois à se rendre aux séances cinématographiques en plein air. Pari réussi. Nadège Batou mérite bien la direction des affaires culturelles et du développement durable.   

Elle est une militante née, car elle ne s'intéresse qu'aux thèmes à caractère social où l'autre est dépossédé, arnaqué, handicapé, exploité, elle est une véritable voix des sans voix.

Samedi 31 janvier 2015, pour la première fois à Paris, au quartier latin, le film Ku M'kelo de Nadège Batou sera projeté et discuté à partir de 19 h.

La cinéaste sera présente dans la salle et répondra à vos questions....Voir le site Maison de l'Afrique.