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Patrimoine: célébration des 100 ans des «pays de Boko»

Par Journaldebrazza.com, ACI - 20/11/2012

Les festivités marquant cet anniversaire ont eu lieu du 16 au 18 novembre 2012, à Boko-Poste, chef-lieu du district du même nom dans le département du Pool

 

Les ressortissants des «Pays de Boko» regroupant les districts de Loumo, Louingui et Boko, viennent de célébrer le centenaire de la création de ce grand ensemble, appelé encore «Le Grand district de Boko» (1912-2012), sous le signe de «Bilan et perspectives», en vue de réfléchir sur le développement économique et socioculturel de cette entité administrative aujourd’hui scindée en trois. Les festivités marquant cet anniversaire ont été célébrées du 16 au 18 novembre 2012 à Boko-Poste, chef-lieu du district de Boko, département du Pool, devant l’ancien ministre d’Etat, ministre de l’économie et des finances de la République Démocratique du Congo (RDC), député national, Gilbert Kiakwama Kia Kiziki ; le président de l’Union des Pharmaciens de la RDC, Matangu Mpessa et des médecins venus de ce pays frère. Du côté des autorités congolaises, on a noté la présence des sous-préfets de Loumo, Jean-Paul Ntsoumou et de Boko, Banzuzi-Ntsimba, le maire de la communauté urbaine de Boko, Mme Marie Thérèse Laurentine Milongo, des sages, cadres et des populations des trois districts (Loumo, Louingui et Boko). On a noté parmi les populations venues participer à ces festivités, le sage du district de Loumo, Nkouka qui atteint l’âge de 100 ans et a vécu tous les changements intervenus au niveau du Grand district de Boko.

 

 
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Un natif de vuluka-kaye du District de BoKo, département du Pool.

Intervenant à ces festivités, le président du comité d’organisation du centenaire des «Pays de Boko», l’ancien ministre Claude Ernest Ndalla, s’est prononcé pour le bien-être, l’épanouissement, le bonheur et la sécurité des populations de ces trois districts, tout en les invitant à lutter dans «l’unité et pour l’unité».«Notre lutte pour la synergie des quatre cantons des «Pays de Boko» doit s’inscrire dans la lutte de l’émergence d’une nation congolaise unie et prospère qui, doit intégrer le marché de la sous-région Afrique Centrale», a-t-il dit dans son discours, tout en rappelant qu’il existe des Kongos en Angola, en RDC et au Congo-Brazzaville. Le Grand district de Boko compte quatre cantons que sont : Biza et Bongo (composant l’actuel district de Boko), Samba Ndongo (composant le district de Loumo) ; Nkombo (formant le district de Louingui). Selon lui, «le problème de notre mémoire collective en tant que communauté doit cesser d’être une question idéologique pour devenir un enjeu pratique. C’est cette mémoire qu’il s’agit de construire, de développer et de maintenir pour éclairer de sa lumière l’horizon proche et lointain de notre avenir». Il a rendu, à cette occasion, hommage aux icônes qui ont marqué l’histoire de cet ensemble, à savoir Samba Ndongo, Biza-dia-Tchina, Kinzonzi Pierre, Malanda Ma Mbétséké, Alphonse Massamba-Débat et David Mountsaka.

De son côté, le député national Kiakwama Kia Kiziki, qui a dit sa satisfaction pour sa participation à ces festivités, issu de l’ethnie Kongo, a rendu hommage au ministre Ndalla pour l’organisation de cet anniversaire qui marque un tournant décisif dans l’histoire de ce district. Il a exhorté les populations des «Pays de Boko» « à aimer et protéger leurs cadres au lieu de les bannir ou de les exposer», et à avoir un minimum d’amitié pour aider à construire leur localité. De même, il a demandé aux populations des trois districts d’avoir de l’amour et la solidarité pour avancer dans l’essentiel, pour œuvrer au développement de Boko.

Pour sa part, l’expert en développement rural, Rigobert Belantsi, exposant sur les perspectives d’avenir pour le développement de ce grand district, a appelé les participants à revenir au système de mbongui pour sceller l’unité entre les habitants d’un même coin, village, quartier district, etc., au système des tontines pour relancer la notion de l’épargne et aider au développement des activités agricoles. D’autres points épinglés par ce consultant pour favoriser le développement de ces districts, sont la relance des centres de métayage, des pépinières pour favoriser la production des semences améliorées, des marchés forains ou centres d’achats des produits agricoles, la mécanisation de l’agriculture, l’entretien et l’ouverture des pistes rurales, créer des rencontres périodiques entre les cadres et populations des différents districts pour un échange d’expérience et d’informations sur tous les domaines. Il a promis d’organiser dans les mois à venir une rencontre des cadres des «Pays de Boko» pour discuter des projets à mettre en place, car «les situations de ces pays ne se décideront plus à Brazzaville, mais au niveau de ces trois districts où des rencontres seront organisées de façon tournante», a expliqué M. Belantsi. La première rencontre se tiendra à Louingui en 2013, a-t-il dit.

 

Outre des conférences-débats, des rencontres socioculturelles (danses folkloriques) et sportives ont été organisées dans le cadre de ces festivités. Des gerbes de fleurs ont été déposées sur les tombes du premier représentant légal de l’Eglise Kimbanguiste à Boko, au village Kinsasa Biboubou, à plus de 5 km de Boko-Poste sur la tombe de Malanda Ma Mbétséké, un des pionniers de la lutte coloniale à Boko. Une partie d’excursion organisée à cet effet, a permis aux participants de visiter le premier arbre fruitier de race litchi qui a totalisé en 2012 ses 100 ans et a permis la reproduction de cette plante au niveau du département du Pool en général et de Boko en particulier où il fait la fierté de ce district et place le département du Pool en tête de lice de la production de litchi. Les districts de Boko, Loumo, Louingui, sont réputés dans les activités du maraîchage, de l’agriculture, de l’élevage, de la pisciculture et d’arboriculture. 

Dans le domaine agricole, on y cultive le manioc (principale culture vivrière), l’igname, l’arachide, le maïs, le riz, etc. Au niveau du maraîchage, on y trouve des différentes variétés de légumes. L’élevage concerne les moutons, les bœufs, les caprins, la volaille et autres petits ruminants En ce qui concerne l’arboriculture, on y plante des arbres fruitiers de plusieurs espèces (litchi chinois et barbus ou ramboutan, orangers, mandariniers, pamplemoussiers, mangoustaniers, raisins, les fruits de la passion ou grenadille, la barbadine, etc.) D’autres arbres fruitiers sont les manguiers, surtout les manguiers greffés et marcottés, une technique qui aujourd'hui confère à ce district la première place. Un projet fruitier dénommé «Projet fruitier de Boko» avait été créé dans ce district dans les années passées en raison de la présence de nombreux arbres fruitiers qui poussent facilement grâce à la présence du microclimat favorable aux différentes cultures.

La colonisation a institué la circonscription des Bakongos avec trois subdivisions: Mindouli, Kinkala et Boko. Le premier administrateur était M. Leger, lieutenant-gouverneur par intérim du Moyen Congo, officier de la Légion d’honneur. Le Grand district de Boko était appelé jadis subdivision de Boko avec comme chef-lieu Boko, conformément à l’arrêté du 24 février 1912, créant la circonscription du Pool, des Bakongos et de Brazzaville. En ces temps, Louingui et Mbanza-Mpoudi (actuel Loumo) étaient des entités rattachées au district de Boko. Au-delà de la récente réorganisation administrative intervenue en 1994, les populations de ces contrées appelées «Pays de Boko» conservent leurs liens historiques culturels, amicaux et mêmes familiaux à travers différents clans.

 
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