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J'aime les mains de l'ouvrier
Me dit-elle ! Les mains de l'homme !
Elles produisent ! De leurs callosités
Coupantes sortent ces cités lumineuses
Ces meubles des maisons
Ces batteries de cuisine
Que n'es-tu, père, un ouvrier
Un ouvrier bâtisseur de Cités !

Au firmament, père, ouvre tes mains
Que je sente, au toucher
Leurs callosités coupantes
La marque de l'homme viril
Caresse-moi, mon père
Avec tes mains calleuses
Comme celles de l'ouvrier
Qui chemine sur les trottoirs de France

 

Des mains aux ongles noircis ! Père !
Ecorchées ici ! là, brûlées !
Epaisses ! Et larges ! Et puissantes !
Ainsi je les veux ! Ainsi je les aime !
C'est de la dure bataille,
De la longue et dure existence
De l'ouvrier sur les routes du monde
Cheminant l'éloquent témoignage !

[...]

Jean-Pierre Makouta-Mboukou, Cantate de l'ouvrier, Paris, Pierre Jean Oswald, 1974, extrait des pages 22-23.