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Nous nous sommes rendu au Musée d'ORSAY ce samedi 5 mars 2011 dans l'après-midi. Le Musée d'Orsay est installé dans une ancienne gare ferroviaire construite en 1900 par l'architecte Victor Laloux (1850-1937). Il fut inauguré le 9 décembre 1986. Le Musée est situé à Paris au métro du même nom dans le quartier du faubourg Saint-Germain, en bordure de la rive gauche de la Seine. L'exposition permanente est consacrée à Vincent Willem van Gogh (né le 30 mars 1853 à Groot-Zundert aux Pays-Bas - mort le 29 juillet 1890 à Auvers-sur-Oise en France), un peintre et dessinateur néerlandais. Cependant  La Chambre de Van Gogh (1889), prêtée à un autre musée, était absente de l'exposition. "L'impressionnisme est un mouvement pictural français  caractérisé par une tendance à noter les impressions fugitives, la mobilité des phénomènes, plutôt que l'aspect stable et conceptuel des choses, et à les reporter directement sur la toile"(sic). Le musée d'Orsay ne devrait être consacré qu'à la peinture du dix neuvième siècle, pour réparer le tord causé aux artistes de cette époque. Je ne comprends pas pourquoi y mélange t-on la peinture avec la sculpture et les arts décoratifs ? La sculpture de Rodin possède son propre musée au métro Varenne et à Meudon. Parmi les moments exaltants de nos trouvailles voici les tableaux  qui nous ont parlé :   

mus_ed_orsayLa petite danseuse de 14 ans d'Edgar Degas (1834-1917) nous a impressionnée.

La jeune fille en robe rouge(1887) d'Emile Levy (1826-1890).

La Repasseuse(1869) d'Edgar Degas.

Caïn (1880) de Fernand-Anne Piestre dit Cormon (1845 - 1922) d'après Victor Hugo :
"Lorsque avec ses enfants vêtus de peaux de bêtes,
Echevelé livide au milieu des tempêtes,
Caïn se fut enfui de devant Jéhovah,
Comme le soir tombait, l'homme sombre arriva
Au bas d'une montagne en une grande plaine..."
                           Victor Hugo, La légende des Siècles, 1859.

Le rêve(1888) d'Edouard Detaille(1848-1912). Je l'appelerai plutôt "En attendant la bataille" ou "le repos des soldats entre deux batailles".

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L'excommunication de Robert II Le Pieux (1875)de Laures Jean-Paul (Fourquevaux, 1838 - Paris, 1921)Robert II Le Pieux (972-1031) fut Roi capétien de France de 996-1031.  Fils d'Hugues Capet, il fut sacré à Orléans à la Noël 987. Les Capétiens sont la troisième dynastie de rois de France. Robert II fut en conflit avec la papauté. Il répudie sa première femme Suzanne de Provence et épouse Berthe de Bourgogne. Le pape Grégoire V l'excommunie car les nouveaux mariés n'avaient pas respecté l'exogamie, la loi du mariage : "Menga ma mosi ka ma kuelana ko".   Il se remarie une troisième fois avec Constance d'Arles. Difficultés conjugales. Il tente de divorcer. Le pape s'y oppose... Sources, Jean-Baptiste Santamaria, Rois de France, Paris, First, 2006, p.67-68.

Le moment le plus fort de notre visite fut la rencontre de Rolla (1878), le tableau  de Henri Gervex (Paris, 1852 - Paris, 1924), ci-dessus. En fait nous avons assisté à la première exposition de ce tableau. Nous avons eu des sensations aussi fortes que celles habitées par les visiteurs Parisiens du 19e siècle. Voici les commentaires d'un conservateur du Musée d'Orsay :
"Au printemps 1878, un mois avant l'inauguration du Salon, Rolla est brutalement exclu de la manifestation par l'administration des Beaux-Arts. Henri Gervex, est pourtant un peintre reconnu. Agé de 26 ans seulement, il a déjà été médaillé au Salon, ce qui le rend en théorie "hors concours", dispensé des délibérations du jury chargé de choisir les oeuvres exposées. Cette fois les autorités en décident autrement, en raison du caractère jugé "immoral" de la scène.

Gervex s'inspire d'un long poème d'Afred de Musset (1810-1857), paru en 1833. Le texte retrace le destin d'un jeune bourgeois, Jacques Rolla, sombrant dans une vie d'oisiveté et de débauche. Il rencontre Marie, adolescente qui se prostitue pour fuir la misère. On voit ici Rolla, ruiné, se tenant à coté de la fenêtre, les yeux tournés vers la jeune fille endormie. Il va bientôt mettre fin à ses jours en avalant du poison. rollaSi la scène est jugée indécente, ce n'est pas en raison de la nudité de Marie, qui ne diffère en rien des autres nus canoniques de l'époque. L'attention des contemporains se porte en réalité sur la nature morte constituée d'un jupon, d'une jarretière, d'un corset dégrafé à la hâte, surmonté par un chapeau haut-de-forme. C'est Degas qui aurait conseillé à Gervex de mettre "un corset par terre" pour que l'on comprenne que cette femme "n'est pas un modèle". En effet, cette disposition, la nature des vêtements, dessinent clairement le consentement de Marie et son statut de prostituée. De plus, la canne jaillissant des sous-vêtements agit comme une métaphore de l'acte sexuel.

Après son exclusion du Salon, Rolla est exposé trois mois chez un marchand de tableaux parisien. Le scandale, dont la presse se fait largement l'écho, attire les foules. Bien des années plus tard, dans des entretiens parus en 1924, Gervex raconte le plaisir qu'il eu à voir le "défilé ininterrompu de visites", sans que l'on sache s' il avait anticipé la réaction des autorités et provoqué volontairement la polémique".   Source Musée d'Orsay. Le cliché est de MBA de Bordeaux /Lysiane Gauthier.

Le dernier tableau, Romains de la décadence, Bunga Bunga de Thomas Couture (1815-1879).

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