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La République démocratique du Congo (l’ex-Zaïre) ou RDC, appelée aussi le Congo-Kinshasa pour le différencier du Congo-Brazzaville (ou république du Congo), est un pays d’une très grande superficie de 2,3 millions de km², soit environ trente-trois (33) fois plus grand que le Bénélux (Belgique, Pays-Bas et Luxembourg), quatre (4) fois plus grand que la France. Il existe dans la seule province du Bas-Congo au moins cinq universités. L’université protestante à Kimpese, L’université Kongo à Mbanza-Ngungu, l’université libre de Luozi, l’université Joseph Kasa-Vubu à Boma, l’université Simon Kimbangu à Kinshasa. Le professeur Kimpianga Mahaniah dont il est question dans cet article est un véritable pionnier. Sa problématique fut la suivante : A quoi cela sert d’être originaire d’un pays le plus convoité au monde, car son sous-sol est très riche en matières premières, si sa population autochtone n’a pas développé les postures intellectuelles autonomes pour exploiter ses propres richesses. Une université doit s’intégrer dans une région géographique donnée. Les problèmes réels qu’une population indigène se pose doivent être appréhendés par les intellectuels issus de la même région comme relevant de leur compétence académique. On a trop tendance de façon paresseuse à déléguer les responsabilités aux hommes politiques. C’est un devoir-être pour la société civile de s’organiser et de refuser l’émigration. Here we live, here we fight. La création d’une institution universitaire a pour mission d’afficher sur ses programmes  pédagogiques l’étude et la recherche des solutions théoriques et pratiques aux problèmes que se pose le peuple au quotidien : manger (dia), dormir (nzo), se soigner (bubelo), se déplacer (diata), s’éduquer (longuka), se distraire (nsaka), travailler (sala). Dès que le pouvoir politique s’oppose à la volonté du peuple, les problèmes du peuple étant aussi des problèmes politiques, l’autorité du peuple, née du refus de la souffrance et de l’humiliation, doit s’organiser en développant ses propres postures politiques pour arracher son indépendance et sa liberté. Cependant pour résoudre les problèmes du peuple, sur le plan de l’action pragmatique, la praxis, il faut éviter de mélanger les trois genres politique, académique et religieux, d’autant plus que nos ancêtres ont tranché : “mfumu na mfumu, nganga na nganga, nganga na nganga, mfumu na mfumu, wa ba guna, we na meso“. (politique pour politique, savant pour savant, savant pour savant, politique pour politique, on ne trompe que l’homme crédule). Ainsi des intellectuels congolais kinois, Kimpianga Mahaniah, “Mwimba Kinkela, Diyabanza Mbakani, Nkoko Makola Meno, (Emmanuel) Bamenanga Mbandu et le pasteur Luyindu lwa Mavambu, fondèrent la Coopérative de vulgarisation agricole du Manianga (COVAMA), dont le but est de participer au développement rural du Manianga” (sic). Le bassin de Manianga s’étend à la fois dans le sud du Congo-Brazzaville et dans la province du Bas-Congo, au Congo-Kinshasa. L’Université Libre de Luozi couvre les secteurs de Wombo- Kasi, Ntimansi, Lunzadi, Gombe- Matadi, Seke- Banza en République Démocratique du Congo, et la préfecture Boko- Manianga en République du Congo. L’Université Libre de Luozi  (ULL) dans la région de Bas-Congo en République Démocratique du Congo a été initiée par le Professeur Kimpianga Mahaniah. En 1995  vit le jour à Luozi, l’Institut Supérieur Technique et Universitaire du Manianga (ISTUM) qui deviendra en 1996 l’Université Libre de Luozi (ULL), sur décision du Conseil d’administration. En 1997, l’ULL obtint l’agrément  provisoire. Le 12 juin 2006, par décret présidentiel, elle obtint son agrément définitif (Décret présidentiel : N° 06/0106 du 12 juin 2006). Nous présentons une biographie du professeur Kimpianga Mahaniah tirée des pages 11 et 12 de son ouvrage La maladie et la guérison en milieu Kongo” dont la première page de couverture est affichée ci-dessous. Ce livre satisfait à la la thèse selon laquelle l’enseignement de la médecine de tradition africaine doit être inculturé à l’enseignement de la médecine moderne.

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NOTE BIOGRAPHIQUE DE L’AUTEUR

Kimpianga MAHANIAH est né le 15 juillet 1941 à  Kindezi-Luozi, dans la collectivité de Mbanza-Ngoyo, zone de Luozi, sous-région des Cataractes, Bas-Zaïre. Il fit ses études primaires à  l’école protestante de Luozi et à l’école sélectionnée de Kinkenge, puis ses études secondaires à l’EPl-Kimpese et à l’athenée officiel de Ngiri-Ngiri. Sous les auspices de “l’International Christian Youth Exchange” (ICYE), il prépara sa licence en sciences politiques à Virginia Union University, Richmond, Virginia et à Kalamazoo College, Michigan, Etats-Unis. Entre 1967 et 1969, J. Kimpianga Mahaniah, fit son service civique à l’école secondaire de Sundi-Lutete. Avant de regagner les Etats-Unis pour ses études post-universitaires, il octroya des bourses à des jeunes Manianga : (Esaïe) Mulongo Nsayi (licencié‚ en bio-chimie), (charles) Diakedika Mutombo (licencié‚ en science commerciale) et (Marie) Luwowo. Il créa, aux Etats-Unis, l’Institut Tombouctou de Luozi (ITL), qui avait pour but de donner la possibilité à plusieurs jeunes Zaïrois de suivre leurs études en Amérique et de’créer dans l’avenir une université à  Luozi.

Plusieurs jeunes bénéficiaires de cette organisation : Konde (docteur en médecine à Kinzonzi), (Noé) Nswadi (licencié en pharmacie), (Albert) Ndandu (licencié en bio-chimie et maître en droit international), (Antoinette) Mianiambidila (licenciée en économie), (Antoine) Diantete (licencié en science commerciale) et beaucoup d’autres. En fait, les efforts de l’lTL ont poussé beaucoup de ressortissants du Manianga et du Mayombe à envoyer leurs frères et enfants étudier en Amérique ” à la N’Krumah”, c’est-à-dire sans bourse officielle, l’étudiant travaillant lui-même pour supporter les frais de ses études.

Kimpianga Mahaniah regagna les Etats-Unis en 1969 pour préparer une maîtrise aux études africaines et un doctorat en histoire. Rentré au pays en1972, il fut directeur général de l’école secondaire de Sundi-Lutete jusqu’en 1974, et président du comité de l’enseignement secondaire au Manianga. Il a été le premier directeur superviseur des écoles secondaires suivantes : Masangi, Kintadi, Bukaba, sundi-Lutete, Nkobo, Kinzimbu et Mbanza-Lele.

Pour participer à l’auto-financement du consistoire de Sundi-Lutete, il patronna le projet du kraal de vaches de Kintadi. il créa aussi un kraal pour l’école secondaire de Sundi-Lutete. En 1973, il fonda le Centre de Vulgarisation Agricole (CVA) qui a maintenant des plantations d’arbres fruitiers et des élevages de gros bétail dans les zones de Luozi et de Songololo. Le CVA a déjà publié plusieurs documents scientifiques sur la dynamique de la culture kongo. Avec Mwimba Kinkela, Diyabanza Mbakani, Nkoko Makola Meno, (Emmanuel) Bamenanga Mbandu et pasteur Luyindu lwa Mavambu, ils fondèrent la Coopérative de vulgarisation agricole du Manianga (COVAMA), dont le but est de participer au développement rural du Manianga. Entre1975 et1981, Kimpianga Mahaniah fut professeur à l’Université Nationale du Zaïre-IPN/Kinshasa et à la Faculté de Théologie Protestante au Zaïre. Il fut aussi professeur à la Faculté de Théologie Kimbanguiste de 1980 à 1981, Il est chercheur associé au Centre d’études des religions africaines de la Faculté de Théologie Catholique de Kinshasa. Depuis septembre 1981, il travaille à Genève en qualité de secrétaire exécutif pour le bureau Afrique de la Commission d’entraide et de service des Eglises et d’assistance aux réfugiés (CESEAR) du Conseil oecuménique des Eglises (COE). ‘ ” Kimpianga Mahaniah a publié plusieurs travaux, entre autres “La mort dans la pensée Kongo, l’Impact du Christianisme sur le Manianga1880-1980, Education et Eglise : Histoire de l’enseignement protestant au Zaïre1878-1978, La maladie et la guérison en milieu Kongo“. (K. Mahaniah, op. cit., pages 11 et 12). 

Bunene, ti katuka mu nzo aku !

Sources. http://www.forumluozi.cd/

http://www.nekongo.org/uni_luozi/index.htm