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                    By M'Boka Kiese

 

From May 5th till June 27th, 1998, in the Space Artsenal, in Paris, we attended an exhibition on the contemporary sculptors of Zimbabwe (A).

1. The Castani Njanji 's Lovers. Two works had strongly concussed us : the sculpture " Lovers "  of Castani Njanji, brother of Tamuka Njanji, their defender being Kennedy Musekiwa. The woman leans on the man. The head of the woman is put on the left shoulder of the man. Both hands of the woman clasp the man around the loins : the left hand crossing on the stomach and rubbing the navel, the right hand on the back of the man ; the body of the man is maybe tilted because of the mass of the woman. What are the characteristics of this sculpture ? The woman seems to be careless ? Did she meet her prince charming ? Is it on the man that rests bases his hope ? On the other hand the palm of the right hand put on the right cheek evoke a worried man, wondering about a problem complicated with the existence : the love. Is this one at the origin of the world ? And what is the foundation of the love ? Is it about a question of money which returns the pensive man ? Did the sculptor maybe represent it a Cornelian subject shared between the feeling and the duty ?

2. The Nicholas Mukomberanwa' s Philosopher. It seems to me that in the monument " The Philosopher II", the Zimbabwean artist Nicholas Mukomberanwa works on this terrible problem remained opened in mathematics since the 19eme century : The band of Möbius, geometrical figure bidimensionnel, inorientable : this band has neither inside nor outside. It is unilatère, that is, it has only a single side. To make it bilateral, it is necessary to cut it in three. It's the same for the bottle of Klein. We can say that Mukomberanwa is an artist of the algebraic topology, mathematical hidden in its sculptures.

3. The philosophic schools of sculpture In Zimbabwe. The sculptors of Zimbabwe work on a stony manifold going of the serpentine (green, black, yellow lively) in the cobalt multicolored stone by way of the marble. The exploitation outdoors of these materials, extracted from various sites of quarries, had given birth to movements of thought of the contemporary sculpture in Zimbabwe : The school of Tengenenge (region of Guruve in 150 km in the North of Harare) where from went out Fanizani Akuda, Brighton Sango (1958-1995) and especially the self-taught Henry Munyaradzi (1931-1998) ; the group of Inyanga (mountainous region situated on the border of Mozambique, place of birth of the clan of Takawira (Bernard and Lazarus); the community of schismatic Vutuku of Inyanga ; The mission Cyrène near Bulawayo in Matabeleland ; The mission of Sérima where from stayed in the 1960s the Zimbabwean boss of the sculpture Nicolas Mukomberanwa; where the fly passed, the midge lives, tells the proverb; his son Anderson Mukomberanwa, in spite of the obtaining of the engineering degree, will choose sculptor's profession.

4. The Princess Colleen Madamombe. A celebrated woman  appear among these sculptors, Colleen Madamombe been born in 1964 in Harare. In these works in the round forms, Madamombe honours the beauty of the woman separated from the thinness of the European mannequinât. The first sculpture placed in the top of our text to the left represents a Dancer of Colleen Madamombe. The photo results from the www.fossati-sculptures.com site. The second sculpture from below to the right of Colleen Madamombe represents the Childbirth. The image was pulled by the www.africa-can.org site. To reach such a level of creativity, Colleen Madamombe built up to himself a conception of the world, the life where connections between the man and the woman are no more reports of dominion, but cooperation, each having acquired its economic and spiritual independence. In 1995, Colleen Madamombe declares : " I don't have to go to my husband and say  " please give me some money ". I do something for myself ". When the woman is economically dominated by her man, she cannot create. It is a truism. We shall add following the example of the slogan of May, 1968 on the walls of Sorbonne University (Paris) : " We refuse one world where the guarantee not to starve is exchanged against the risk of dying of servitude ".

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5. Texte en Francais. Du 5 mai au 27 juin 1998, à l’Espace Artsenal, à Paris, nous assistâmes à une exposition sur les sculpteurs contemporains du Zimbabwe (A).

6. Les amants de Castani Njanji. Deux œuvres nous eurent fortement commotionné : La sculpture "Lovers" (Des amoureux) de Castani Njanji, frère de Tamuka Njanji, leur protecteur étant Kennedy Musekiwa. La femme s’appuie sur l’homme. La tête de la femme est posée sur l’épaule gauche de l’homme. Les deux mains de la femme sont enlacées autour des reins de l’homme : la main gauche passant sur le ventre et frottant le nombril, la main droite sur le dos de l’homme ; le corps de l’homme est incliné à cause peut-être de la masse de la femme. Quels sont les traits de caractère de cette sculpture ? La femme semble -t-elle insouciante ? A-t-elle rencontré son prince charmant ? Est-ce sur l’homme que repose son espoir ? Par contre la paume de la main droite posée sur la joue droite évoque un homme inquiet, s’interrogeant sur un problème compliqué de l’existence : l’amour. Celui-ci est-il à l’origine du monde ? Et quel est le fondement de l’amour ? S’agit-il d’une question d’argent qui rend l’homme pensif ? Le sculpteur y a-t-il peut-être représenté un sujet cornélien partagé entre le sentiment et le devoir ?

7. Le philosophe de Nicholas Mukomberanwa. Il me semble que dans le monument de " Philosopher Il ", l’artiste zimbabwéen Nicholas Mukomberanwa planche sur ce terrible problème resté ouvert en mathématiques depuis le 19eme siècle : la bande de Möbius, figure géométrique bidimensionnel, inorientable : cette bande n’a ni intérieur ni extérieur. Elle est unilatère, c’est-à-dire, elle n’a qu’un seul côté. Pour la rendre bilatère, il faut la couper en trois. Il en est de même pour la bouteille de Klein. On peut dire que Mukomberanwa est un artiste de la topologie algébrique, la mathématique cachée dans ses sculptures.

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8. Les écoles de sculpture au Zimbabwe. Les sculpteurs du Zimbabwe travaillent sur une variété de pierres allant de la serpentine (verte, noire, jaune vif) au cobalt stone multicolore en passant par le marbre. L’exploitation à l’air libre de ces matériaux, extraits de différents sites de carrières, avait donné naissance à des mouvements de pensée de la sculpture contemporaine au Zimbabwe : l‘école de Tengenenge (région de Guruve à 150 km au nord de Harare) d’où sont sortis Fanizani Akuda, Brighton Sango (1958-1995) et surtout l’autodidacte Henry Munyaradzi (1931-1998) ; Le groupe d’Inyanga (région montagneuse située à la frontière du Mozambique, lieu de naissance du clan des Takawira (Bernard et Lazarus) ; la communauté de Vutuku schismatique d’Inyanga ; la mission Cyrène près de Bulawayo dans le Matabeleland ; la mission de Sérima d’où séjourna dans les années 1960 le maître zimbabwéen de la sculpture Nicolas Mukomberanwa ; Où la mouche a passé, le moucheron demeure, raconte l’adage ; son fils Anderson Mukomberanwa, malgré l’obtention du diplôme d’ingénieur, choisira le métier de sculpteur.

9. La princesse Colleen Madamombe. Une femme célèbre figure parmi ces sculpteurs, Colleen Madamombe née en 1964 à Harare. Dans ces œuvres aux formes rondes, Madamombe rend hommage à la beauté de la femme séparée de la maigreur du mannequinât européen. La première sculpture placée en haut du texte à droite représente une danseuse de Colleen Madamombe. La photo provient du site www.fossati-sculptures.com. La deuxième sculpture d'en bas à droite de Colleen Madamombe représente l'accouchement. L'image a été tirée du site www.africa-can.org. Pour accéder à un tel niveau de créativité, Colleen Madamombe s'est forgée une conception du monde, de la vie où les rapports entre l'homme et la femme ne sont plus des rapports de domination, mais de coopération, chacun ayant acquis son indépendance économique et spirituelle. En 1995, Colleen Madamombe déclare : "I don't have to go to my husband and say "please give me some money". I do something for myself". Quand la femme est dominée économiquement par son homme, elle ne peut pas créer. C'est un truisme. Nous ajouterons à l'instar du slogan de Mai 1968 sur les murs de l'université de Paris la Sorbonne : "Nous ne voulons pas d'un monde où la garantie de ne pas mourir de faim s'échange contre le risque de périr de servitude".

 
A- Catalogue “ Sculpteurs contemporains du Zimbabwe ” publié par la galerie Espace Artsenal, 105 rue Mademoiselle 75015 Paris.